Archives

Cinéma : Inside Llewyn Davis

par Julien Bitoun – Woodbrass Team

Le 6 novembre est un jour à marquer d’une pierre blanche pour les amateurs de bon cinéma et les nostalgiques de la folk du New York des années 60 : c’est la sortie de l’excellent Inside Llewyn Davis. Bien sûr, Woodbrass est sur le coup !

inside_llewyn_davis_ver2

Les frères Coen ainsi que le premier rôle Oscar Isaac (déjà croisé dans Drive, tout comme Carey Mulligan) étaient au cinéma UGC de Bercy Village le 16 Octobre pour l’avant-première de Inside Llewyn Davis. Woodbrass y était aussi, et autant vous dire qu’il s’agit d’un film à voir absolument. Une fois de plus, les frères Coen on réussi à peindre des personnages en parfait clair obscur, sans donner de bon ou de mauvais rôle trop évident et dans une ambiance générale très douce-amère. La musique est magnifique, et comme pour l’incroyable O Brother, c’est le producteur T. Bone Burnett qui en est responsable. L’histoire ? Il s’agit des galères quotidiennes d’un chanteur folk du Greenwich Village des années 60 (le quartier de New York dans lequel jouaient tous les chanteurs folk, de Joan Baez à Bob Dylan en passant par Ramblin’ Jack Elliott). On ne vous en dit pas plus, il faut le voir. L’ambiance du Village, inspirée par l’autobiographie du chanteur Dave Van Ronk (à qui on doit le titre du film, une référence à son album Inside Dave Van Ronk) est extrêmement bien rendue et ils ont poussé le souci du détail jusqu’à choisir soigneusement les guitares utilisées à l’écran. Nous n’en avons pas raté une miette, et vous proposons donc cette petite liste : vous aurez sans doute aucun mal à trouver d’autres avis sur le film alors que les infos sur les guitares, c’est ici ou nulle part !

L’actrice principale

LSRJVSNH1La star du film est bien sûr la Gibson que trimballe Llewyn Davis dans son étui pendant tout le film. Il s’agit d’un modèle plutôt inhabituel et on peut reconnaître immédiatement son grand âge par son logo « The Gibson » écrit en attaché. Il s’agit d’une superbe L-1 en version flat top (il existait une version ach top, à table bombée) qui a été produite entre 1926 et 1937. Autant dire que ça n’est pas le genre d’instrument qui court les rues. Cette guitare était déjà célèbre puisqu’il s’agit du modèle qu’arbore le bluesman Robert Johnson sur la fameuse photo que l’on connaît de lui avec guitare entière. D’ailleurs, elle a été rééditée en tant que modèle hommage à Robert Johnson et se révèle effectivement être une acoustique imbattable pour les fingerpickers à la recherche d’un son doux, rond et chaud. Bien sûr, la réédition ne sera pas aussi râpée de partout qu’une originale…

Les seconds rôles

Head-StockLRParmi les seconds rôles il y a d’abord la guitare que Llewyn emprunte lors d’une session d’enregistrement. Encore une Gibson, et pas des moindres : on reconnaît immédiatement la vénérable J-45. Par contre, il faut un œil bien entraîné pour reconnaître le petit drapeau dessiné sur la tête en dessus du logo, qui annonce fièrement « Only A Gibson Is Good Enough » (seule une Gibson est assez bonne). ça peut paraître un détail, mais ce drapeau n’apparaît que sur les modèles extrêmement rares produits au cours de la Seconde Guerre Mondiale, entre 1942 (première année de production de la J-45) et 1945. On imagine que le chargé des guitares sur le film a dû bien se faire plaisir…

insidellewyndavisphoto1-500x333Une autre guitare que l’on voit à plusieurs reprises dans le film est celle de Jim Berkey, l’ami de Llewyn joué par Justin Timberlake, parfait dans ce rôle. Il donne même le nom du modèle lors de la scène d’enregistrement en studio : c’est une Martin 000-21. Encore une référence de connaisseur ! La forme 000 est classique, il s’agit de la version à diapason court (donc manche un peu plus petit) de la fameuse OM, la taille juste en dessous de la dreadnought. Mais on connaît généralement la 000-18 et la 000-28, mais la 21 est en fait une 000-28 moins décorée et avec une sélection de bois moins haut de gamme. Il s’agit d’un modèle fabriqué dans les années quarante et cinquante qui n’a pas été réédité à ce jour… Un futur modèle signature Justin Timberlake peut-être ?

Les figurantes

Plusieurs autres guitares font leur apparition et montrent elles aussi à quel point le film a été pensé pour les geeks de guitare. Il y a bien une classique entre les mains de Al Cody (Adam Driver) et une Gibson jazz entre les mains du guitariste de session pour l’enregistrement, mais j’ai surtout retenu la Martin dreadnought que joue Stark Sands pour son concert au Gaslight Café. Difficile de dire cependant s’il s’agit d’une D-18 ou d’une D-28. D’autre part, lorsque Llewyn est invité à chanter chez Mitch Gorfein, ce dernier lui prête sa guitare, une Silvertone archtop. Silvertone était une marque d’entrée de gamme fabriquée aux Etats Unis dans l’usine qui fournissait aussi Danelectro. Le choix est donc ultra pertinent vu qu’il s’agit de la guitare d’un homme dont ça n’est pas la passion et qui n’a donc pas mis une fortune dedans.

En espérant que ce petit tour d’horizon vous aura appris des choses, je vous recommande vivement de vous précipiter dans les salles obscures à partir du 6. Et si le film vous donne des envies de folks (et il y a fort à parier que ça sera le cas), sachez que Bob Dylan sera sur la scène du Grand Rex le 14 novembre, et il y a deux places à gagner chez Woodbrass… Et même une guitare ! Tout se passe ici :

http://www.lamusiqueestatoutlemonde.com/JEU+INSIDE+LLEWYN+DAVIS+COEN?af=1756

à vous de jouer !

Vous aimerez aussi...

0 commentaires sur “Cinéma : Inside Llewyn Davis”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *