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Du Disc Jockey au DJ – tout pour choisir sa platine

par Woodbrass Team

Scénario catastrophe tout à fait réaliste : vous avez prévu une playlist d’enfer sur Spotify pour votre soirée de nouvel an, tout le monde se met à danser au rythme de votre sélection et là… 18 secondes de solitude. Plus de beat, des bruits de pas et de portes qui grincent, tout le monde retourne s’asseoir. Eh oui, c’était l’intro du « Thriller » de Michael Jackson. Alors vous faîtes de votre mieux pour raviver l’ambiance, et faire oublier le délicat incident. Puis vient le décompte jusqu’à minuit, et alors qu’on arrive à zéro, vous lancer LA piste pour commencer l’année sur un monument kitsch et ultra entraînant à la fois : et hop, 15 secondes d’intro ambiante, puis enfin le riff d’intro de « The Final Countdown » de Europe ! Si seulement vous aviez pu préparer votre lancement à la seconde près, vos invités ne seraient pas partis si vite… Bref, c’est décidé, vous allez vous mettre sérieusement au DJing et on ne vous y reprendra plus !

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Un peu d’histoire pour commencer : le terme de Disc Jockey (oui, les initiales D.J. veulent vraiment dire quelque chose !) vient de l’Amérique des années 30, à l’époque où les animateurs radio choisissent les disques qu’ils passent et imposent leur personnalité à travers leur programmation. Dans l’Angleterre en guerre des années 40, Jimmy Savile lance des soirées au cours desquelles il passe des disques de jazz. Il est le premier à utiliser deux platines pour enchaîner les morceaux de manière plus fluide : le DJing moderne est né, et certains Jockeys deviennent de véritables légendes, comme Alan Freed aux Etats Unis (à qui l’ont doit d’avoir popularisé le terme « rock ‘n’ roll) ou John Peele en Angleterre. En 1966, David Mancuso ouvre The Loft à New York, et il y organise des soirées qui donneront envie à de très nombreux de suivre son exemple. Les soirées s’y étirent jusqu’à l’aube, on y danse en continu, on y altère son état de conscience et on y découvre de la musique. En 1977, le film Saturday Night Fever impose la disco comme le style musical incontournable de la période, et d’un coup tout le monde veut aller danser en discothèque. Le légendaire Studio 54 ouvre d’ailleurs cette année-là à New York. En parallèle, une autre révolution se prépare dans l’underground, avec les soirées plus informelles des Block Party, où les DJ passent de la funk dans les quartiers défavorisés du Bronx ou de Harlem. Le Hip-Hop naît dans ces milieux et consacre le DJ comme un musicien à part entière.

Le bon matos pour la bonne utilisation
Dès lors on distingue deux grands types de DJs : le DJ de club, qui mixe pour faire danser, et le DJ hip-hop, qui mixe pour créer un nouveau morceau à partir de samples et de scratching. Leurs besoins en platine et en table sont donc radicalement différents. Pour le DJ de club, la priorité est la flexibilité et la versatilité. Un DJ doit pouvoir rajouter des effets en temps réel, et modifier d’un coup de fader le tempo et / ou la hauteur d’un morceau pour qu’il s’enchaîne plus de fluidité. De plus, une table à plusieurs pistes est indispensable pour permettre à plusieurs DJ de se brancher en même temps pour que leurs sets se succèdent sans coupure au cours de la soirée. La table de soirée par excellence est la Rodec MX-2200, une référence incontournable. Côté platine, vous avez le choix des armes. Le vinyle est encore roi, et revient à la mode depuis quelques années. Un modèle à entraînement direct comme la toute nouvelle Audio Technica AT-LP120USBHC assurera une stabilité optimale, l’idéal pour caler un départ de disque. Assurez-vous que les pieds sont bien à plat (un niveau à bulle n’est pas du luxe !), et réglez soigneusement la hauteur du bras pour qu’il y ait contact sans qu’il ne vienne écraser le disque. L’antiskating est aussi un réglage crucial, et il permet d’éviter le balancement de gauche à droite. Avoir une bonne cellule est bien sur crucial, et parmi les classiques du genre la Ortofon CC-Gold-A tire son épingle du jeu par la finesse et la dynamique de son rendu. Pour le DJ hip-hop, on préfèrera une table plus basique (des gros filtres d’égalisation pour traiter le son vite et bien), et des faders les plus solides possibles prêts à affronter les utilisations les plus extrêmes, dans le genre du crossfader Eternal que l’on retrouve sur la Rane TTM-56s. Dans un budget plus raisonnable, la DJ Tech DIF-1S est aussi une référence sur laquelle on peut compter. Côté platine, la cellule Shure DJ M44-7 est un grand classique du genre grâce à son énorme niveau de sortie. Elle n’a pas la définition d’une Ortofon mais permet d’obtenir les graves épais indissociables du style hip-hop. Enfin, pour les vrais « diggers » (c’est à dire les DJs pour qui le plus important est de faire découvrir des morceaux obscurs et qui écument les brocantes à la recherche de pépites non-rééditées-, la Numark PT01USB est un allié plus que précieux, puisqu’elle lit aussi les 78 tours, elle marche à pile et intègre un petit haut parleur de contrôle. Un couteau suisse imparable donc.

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La platine 2.0
Bien entendu, de l’eau a coulé sous les ponts depuis l’âge d’or du vinyle, et les platines CD puis USB se sont imposées comme un très bon moyen d’échapper aux défauts des rondelles noires. Les platines CD existent à plat ou en rack, comme la Numark CDN77 USB qui est un classique des discomobiles. Mais il suffit désormais d’une simple clé USB pour retrouver intensément tous ses fichiers et commencer à mixer sans déplacer un semi-remorque de disques. Une platine comme la Pioneer CDJ2000 Nexus offre une impressionnante richesse d’options, parmi lesquelles on trouve d’excellents effets intégrés, une visualisation de la forme d’onde (très pratique pour scratcher), la possibilité de se synchroniser avec d’autres platines, des points Cue (pour noter un repère sur un morceau, comme un marque page virtuel) et une entrée pour le format carte SD. Mais le progrès ne s’arrête jamais, et nous sommes rentrés dans l’ère du mix numérique. Un ordinateur permet de stocker tous les fichiers que l’on va utiliser, et il sera contrôlé par une interface externe qui permet une plus grande flexibilité et une portabilité sans égale. La Traktor Control S8 de chez Native Instruments est la machine de guerre du genre et laisse peu de chances à la concurrence, à l’exception du Reloop Beatpad au prix plancher. Dans un budget plus conséquent, la Numark NS7 II se fait remarquer par son mélange de technologies puisqu’il s’agit d’une interface de contrôle numérique avec deux vrais 45 tours.

Immergé dans le son
Enfin, un élément indispensable pour tout DJ qui se respecte et qu’on pourrait oublier un peu vite est son casque. Le casque du DJ doit être ultra solide, bien fermé et isolé (circumauriculaire donc), doit avoir un gros niveau de sortie et une bonne définition dans les graves et aigus, et enfin doit se mettre facilement au dessus de l’oreille. Le Sennheiser HD-25 a longtemps été le standard dans le milieu, mais la nouvelle série spécialement conçue pour les DJs (HD7 DJ, HD8 DJ) est appelée à remettre les pendules à l’heure. Comme toujours, le matériel est là pour vous faciliter la tâche et vous permettre de passer le plus vite possible d’une idée à sa réalisation. La vie d’un DJ doit donc avant tout être faîte d’écoute et de découverte musicale. A vos casques !

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