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Kevin Drost (directeur du business international de Reverb.com) – Interview

Ca ne vous a sans doute pas échappé si vous êtes tout le temps à la recherche de matériel, le site Reverb.com commence à se faire entendre en France. Ce qui était à l’origine une petite interface dédiée au matériel vintage et d’occasion est en train de prendre de l’importance, y compris pour un spécialiste du neuf comme Woodbrass Deluxe qui vient d’y ouvrir son magasin en ligne. Nous avons passé du temps avec Kevin Drost pour en savoir plus.

Par Woodbrass Team

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Peux-tu te présenter ?
Je suis le directeur du business international pour Reverb.com depuis un peu plus d’un an, je m’occupe donc de tout ce qui ne concerne pas les Etats-Unis. J’ai à la fois de l’expérience en musique et en business et stratégie à l’international. J’ai eu une bourse pour étudier la guitare jazz, puis j’ai été embauché en 2003 comme découvreur de talents pour Sony Music. J’y ai travaillé sur beaucoup de pop pour adolescents, puis j’ai rejoint un petit label pour installer leur business à l’internationale, et enfin j’ai monté ma propre maison de disque. Universal Music Group s’occupe de notre distribution et d’une grande partie de la promotion. Le label Zealous existe encore mais nous ne développons plus de nouveaux artistes. Je suis ensuite retourné à la fac pour suivre une formation en business et j’ai commencé à faire du consulting pour des entreprises. C’est à cette époque que j’ai fait la connaissance des gens de l’équipe Reverb et ils ont fait appel à moi pour développer leur business international, ce qu’ils ne faisaient jusque là que par accident.

Peux-tu nous raconter l’histoire de Reverb ?
Reverb a été lancé il y a quatre ans par le patron du magasin Chicago Music Exchange. Il était extrêmement frustré lorsqu’il essayait de vendre et d’acheter des guitares d’occasion sur eBay, amazon ou Craigslist (l’équivalent local du bon coin) : c’est cher, leur technologie est très basique et ça n’est pas du tout adapté aux musiciens. Quand tu cherches « Fender » sur eBay, tu trouves des pièces pour voiture ! (en anglais, « fender » veut aussi dire pare-chocs) Il a donc commencé à programmer une plateforme adaptée, et elle a grandi de manière très rapide, jusqu’à devenir à l’heure le plus grand site d’instruments de musique d’occasion au monde. Nous avons plus de 100 employés, principalement à Chicago mais maintenant nous sommes en France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Australie aussi !

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Dirais-tu que le site fait concurrence aux petits magasins ?
La plupart des vendeurs sur Reverb.com sont des petits magasins qui n’ont pas les moyens de monter un site digne de ce nom et passent donc par notre interface pour gagner du temps. Les grands magasins commencent à s’y mettre mais ils ont mis du temps à y venir. Nous recevons des millions de visiteur chaque mois sur le site. Il y a donc des magasins perdus dans l’Oklahoma ou le Wisconsin qui vendent dans le monde entier, même si en tant que musicien je préfère toujours aller dans un magasin près de chez moi comme Woodbrass. Notre but est de compléter les revenus des magasins physiques, pas de leur faire concurrence.

Comment expliques-tu le fait que le site soit surtout consacré au haut de gamme et vintage ?
Cette image est forcément liée à l’expérience de Chicago Music Exchange dans ce domaine, et c’est aussi une manière de proposer des instruments uniques que les gens ne pourront pas trouver ailleurs. Il y a quelques années tu devais traverser le globe pour trouver une Stratocaster des années 60, maintenant tu peux faire une recherche et en trouver quatre ou cinq ! Cela dit, 35% des produits que nous vendons sont neufs, et c’est un chiffre qui grandit rapidement. Nous avons aussi de plus en plus de clients pour le matériel studio et l’audio pro.

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Comment en es-tu venu à la musique ?
Mon père était guitariste, il y avait donc toujours de la musique à la maison. Il avait une Gibson SG Special de 1965, une Les Paul Heritage des années 80 et une acoustique Blueridge. Je m’y suis mis sérieusement sur une Fender Stratocaster Mexican Standard, en écoutant beaucoup de blues, ce qui m’a finalement amené au jazz comme Pat Martino, McCoy Tyner et Grant Green. Je suis ensuite passé au pedal-steel et j’ai donc écouté énormément de country. J’ai toujours aimé jouer mais l’aspect music business m’a toujours plu aussi.

Quelle est ta guitare principale ?
J’ai une ES-335 cherry red Dot. Un de mes guitaristes préférés est Alvin Lee de Ten Years After, et j’ai donc économisé pendant trois ans pour me payer la même guitare que lui ! J’ai aussi une G&L qui ressemble à une Telecaster 52 avec un humbucker en position manche.

Quelle est ta guitare de rêve ?
Une ES-335 de 1964 avec Bigsby d’origine, et une Telecaster de 1953.

Quelles sont tes pédales préférées ?
J’adore la Strymon Flint, c’est un son tellement beau et propre… J’ai aussi un delay Way Huge Aqua Puss que j’utilise pour un slapback léger.

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