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Les bons conseils du Docteur Woodbrass : de la musique sur la musique

Par Woodbrass Team

La nouvelle année arrive à grands pas, et avec elle son cortège de bonnes résolutions que personne ne tiendra jamais : faire du sport (durée de vie de la résolution : une semaine maximum), arrêter de fumer (durée de vie de la résolution : jusqu’à la réouverture du bureau de tabac du coin le 2 janvier) et manger moins gras, moins sucré, moins salé (durée de vie : le temps de digérer le repas du 31). Au milieu de tous ces efforts de bonne conscience, seule une résolution mérite d’être tenue : faire de la musique ! Qu’il s’agisse de ressortir la Martin qui dort sous votre lit depuis des années ou de craquer enfin pour ce Nord Lead qui vous fait les yeux doux pour vous mettre sérieusement au clavier, vous aurez besoin d’aide. Ça tombe bien, le Docteur Woodbrass est là pour ça ! Entrez donc, le docteur va vous recevoir.

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La question se pose alors : travailler, certes, oui mais comment ? Il existe déjà plusieurs excellents articles du Docteur Woodbrass (si si !) sur ce blog, et la plupart d’entre vous voudront probablement jouer les morceaux qu’ils connaissent. On joue généralement d’un instrument grâce à un artiste, un album ou même un morceau qui a déclenché cette envie, et peu de sensations sont aussi gratifiantes que d’arriver à rejouer un passage de ce morceau en se rapprochant de l’original. On déclenche ainsi une sensation proche du déjà-vu, sauf qu’on peut contrôler ce « déjà-entendu » à volonté et se complaire dedans. Mais il existe une sensation encore plus grisante : le fait de jouer un morceau connu par dessus le morceau en question ! Jouer de la musique sur la musique donc. Et c’est bien plus exigeant qu’il n’y paraît. Lorsqu’on travaille un morceau sans playback, il est facile d’adapter le rythme sur les passages qui ne passent pas tout à fait. Dès que l’on joue avec le morceau, la mise en place doit être impeccable, et vous apprendrez ainsi à vous rattraper aux branches en cas de virage dangereux. Autrement dit, si vous ratez un passage, il est ultra formateur de ne pas s’arrêter de jouer et de se recaler sur le morceau tant bien que mal. C’est le genre d’aptitude qui vous sera précieuse au moment de jouer sur scène en groupe. Et lorsque vous jouez sur l’enregistrement original, pas moyen de tricher sur le tempo. Nous avons tous tendance à accélérer sur les morceaux lents (essayer de tenir le tempo sur Night Prowler de AC/DC par exemple), et on constate souvent la tendance inverse sur les morceaux rapides (Giant Steps de Coltrane par exemple, on se l’imagine généralement plus lente que l’originale, et jouer avec le disque vous laissera à bout de souffle).

Stay on the scene
Dans le principe tout cela est bien joli, mais concrètement comment s’y prend-t-on ? Pour commencer, il vaut mieux bosser le morceau au ralenti, afin de ne pas se confronter au tempo original dès le début, ce qui serait le meilleur moyen de paniquer et d’acquérir de mauvais réflexes. Travaillez lentement, puis une fois que vous parvenez à enchaîner les différentes parties à un tempo correct, il est temps de démarrer le playback. Il existe des méthodes (les séries Drum Play Along, Guitar Play Along, Play Guitar With, Play Bass With et Play Drums With) et sites internet (notamment MySongbook.com qui permet de choisir l’instrument que l’on mute mais joue en MIDI et pas en audio) qui proposent des playbacks dans lesquels vous pouvez enlever votre instrument pour prendre la place de votre instrumentiste préféré, mais vous vous rendrez vite compte qu’il n’est pas évident de se passer complètement du repère qu’offre la piste originale par dessus laquelle vous allez jouer. Dans le cadre des cours de la Woodbrass Music School, nous utilisons le logiciel Spotify pour être certains de trouver le morceau sur lequel nous faisons travailler les élèves. Pour les guitaristes souhaitant travailler sur playback, il existe de très nombreux petits amplis qui proposent une entrée Aux, qui permet donc de brancher votre ipod ou ordinateur via un câble mini jack : dans ce cas, les deux sources sortiront par le même haut parleur, ce qui peut-être très pratique pour ne pas trop envahir l’espace sonore. Pour les batteurs électroniques, tous les boîtiers actuels présentent aussi cette entrée Aux et vous pouvez ainsi entendre la batterie et le morceau dans le casque : plus confortable ça n’existe pas. Enfin, pour les batteurs acoustiques, c’est le moment d’investir dans un casque bien isolé (la marque de baguettes Vic Firth en propose d’ailleurs un, ça n’est pas un hasard…) : si vous entendez trop votre batterie à vide, vous serez obligés de pousser le volume de votre chaîne ou de votre ipod pour entendre le playback. Avec un casque fermé, vous pourrez écouter à volume raisonnable et nous vous inquiétez pas, une batterie acoustique est suffisamment puissante pour que vous ne rencontriez aucun problème pour vous entendre, même isolé dans votre casque. Tant que vous ne perdez pas de vue le backbeat, tout ira bien !

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