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Les joies du ukulélé

Par Patrick McManus – Woodbrass Team

Que l’envie vous soit venue par Jake Shimabukuro ou par Julien Doré, l’univers du ukulélé vous attire. Mais vous n’y connaissez rien et n’avez pas envie de passer pour un rigolo : pas de panique, Woodbrass est là pour ça.

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Les raisons de se mettre au ukulélé sont multiples : c’est un instrument très facile à transporter, qui dégage moins de volume qu’une guitare acoustique (donc à la fois sympa pour les voisins et les gens qui vivent avec vous) et qui est si petit que les filles ne manqueront pas de trouver votre nouvelle acquisition « trop mignonne ». Eh oui c’est important. En raison de son accordage particulier, les guitaristes parmi vous ne retrouveront pas immédiatement leurs marques et c’est donc un excellent moyen de vous perdre pour trouver de nouvelles idées de composition. En effet, il n’y a pas de pire ennemi que la routine lorsque l’on cherche à écrire. Enfin, au milieu d’un concert, un ukulélé est une excellente manière de changer d’univers et d’attirer l’attention des gens qui pensaient sortir fumer en attendant le groupe suivant. Et ça aussi c’est important.

Ukulelons un peu
Un peu d’histoire pour commencer ! Le ukulélé est un instrument d’origine hawaïenne qui est apparu au 19è siècle. Il s’est répandu dans les Etats Unis à partir des années 1930, la culture hawaïenne étant très à la mode dans l’Amérique de l’époque. L’engouement était tel qu’il y avait carrément des orchestres de ukulélés, dans lesquels il n’était pas inhabituel de retrouver une dizaine de joueurs à la fois. L’instrument est devenu légendaire au cinéma, entre les mains de Marilyn Monroe dans Certains L’Aiment Chaud, puis avec Elvis dans Blue Hawaii. A partir des années 60, la guitare a détrôné le petit quatre cordes, mais celui-ci est revenu prendre sa revanche dans les années 90, en particulier avec le medley What A Wonderful World / Over The Rainbow de Israel Kamakawiwo’ole (que l’on entend à la fin de Rencontre Avec Joe Black). Depuis, il est reparti à la conquête du monde et on le retrouve dans les mains de très nombreux guitaristes / chanteurs, ainsi que dans des séries comme Scrubs ou How I Met Your Mother.

31557tLe principe
Un ukulélé s’accorde en général en Do 6, c’est-à-dire (du grave à l’aigu) : Sol Do Mi La. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, la première corde est plus aigue que les deux suivantes, et elle n’est qu’à un demi ton de la dernière. Le premier Sol est donc une octave plus haut que ce à quoi on pourrait s’attendre, n’ayez pas peur de casser votre corde si vous l’accordez pour la première fois, ça fait peur mais c’est normal ! Du coup, cette note aigue en haut donne des voicings d’accords complètement différents de la guitare, plus brillants et plus « compacts » en fréquences puisque l’étendue des sons disponibles n’est pas grande. Une petite astuce pour les guitaristes : les quatre cordes d’un ukulélé ont les mêmes écarts entre elles que les quatre cordes les plus aigues de votre guitare. Vous pouvez donc reproduire vos accords familiers, à commencer par l’accord de Ré qui devient donc un Sol avec la différence d’accordage.

Choisir son uku
Le premier critère sera la taille. Le ukulélé le plus ancien est le soprano, c’est aussi le plus petit. Le concert sera plus grand, et il bénéficiera par conséquent d’une meilleure projection et d’une meilleure justesse. Le ténor est encore plus grand, et on gagne donc dans les fréquences graves, d’autant plus que sur un ténor la première corde est à l’octave inférieure, toujours un Sol mais plus grave. Parmi les instruments plus inhabituels, on trouve les modèles électro acoustiques qui permettent de se brancher sur une sono ou un ampli (indispensable si vous comptez l’utiliser sur scène, rigoureusement inutile autrement), les guitalélés, qui sont des guitares (6 cordes accordées en quartes donc) de taille réduite, qui se rapprochent du son du ukulélé mais se joueront sans aucun temps d’adaptation pour les guitaristes.

godinmultiuke_burstFaîtes vos jeux
Si vous voulez vraiment vous faire plaisir, il vaut mieux éviter les tous premiers prix, qui s’apparentent plus à des jouets qu’autre chose et qui, en plus de produire un son peu flatteur, ne seront pas agréables à jouer puisque vous passerez beaucoup de temps à les réaccorder. Le premier prix qui tient bien la route est donc le Eagletone Coconut S10, et de manière générale la série Coconut (qui compte un modèle concert, le C10, et trois modèles soprano, dont le S20EQ électro acoustique) propose des instruments dans des bois de qualité à prix sympa. Dans un esprit comparable, on trouve la série 77 chez Lâg (U77S pour le soprano et U77C pour le concert), qui est proposée avec une méthode (offerte par Woodbrass) et une housse (offerte par Lâg), le genre d’offre qui ne se refuse pas… Pour monter en gamme au rayon Concert, le Fender Mino’Aka est une excellente référence, et toujours chez Fender, le Nohea est le ténor de référence, puisqu’il est en koa, LE bois utilisé à hawaï sur les instruments historiques. Enfin, une fois que vous serez définitivement tombé amoureux du ukulélé, il sera temps de passer au haut de gamme, le soprano S1UKE de chez Martin pour la maison, et surtout l’incroyable Multiuke de Godin pour la scène, leur déclinaison de la Multiac en tout petit ! Si vous comparez leurs prix à des guitares des mêmes marques, on peut même les considérer comme de très bonnes affaires…

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4 commentaires sur “Les joies du ukulélé”

  1. ced dit :

    Enfin un article sur le ukulélé. Bravo !
    Seulement, j’aimerais y apporter quelques précisions.
    Dire qu’un ukulélé concert est plus puissant et plus juste qu’un soprano est faux. Cette règle peut éventuellement fonctionner lors de la comparaison de deux instruments (soprano et concert) d’entrée de gamme et de même marque mais pas dans les instruments dit « sérieux ». Le choix des cordes compte également beaucoup dans la puissance et la justesse de l’instrument.
    Un ukulélé ténor n’est pas exclusivement accordé en Low G (sol grave). C’est courant mais très loin d’être systématique.
    Pour rester dans les ukulélés « grandes tailles », vous en avez oublié un: le baryton. Son accordage standard est le DGBE (ré sol si mi). Instrument qui peut intéresser les guitaristes car il s’accorde comme les quatre dernières cordes de la guitare.

    • Merci pour ces précisions ! Pour la différence entre concert et soprano je parlais effectivement des instruments d’entrée de gamme, sur lesquels un diapason légèrement plus long amène une tension supplémentaire et donc un peu plus de stabilité. Mais c’est sûr que ça ne se joue pas à grand chose…

  2. glm dit :

    Bonjour, étant dôté d’un petit budget, je voudrais connaître votre avis sur le ukulélé Brighton UK1S vendu sur votre site ? Merci.

    • Bonjour Glm !
      Le Brighton est un bon ukulélé pour débuter mais si ton budget te le permet, les Eagletone sont vraiment un gros cran au-dessus. Quoi qu’il arrive, l’important est que tu passes du temps à le jouer !

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