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NAMM 2017 : quatrième jour

Comme tous les ans, le salon d’hiver du NAMM se tient à Los Angeles, et cette année encore Woodbrass s’est déplacé pour vous ramener les nouveautés les plus excitantes et les exclus les plus fraîches. Cette édition a beau arriver dans un contexte politique et économique compliqué, l’enthousiasme paraît de mise et, lorsqu’on voit les jolis produits qui foisonnent cette année, il y a de quoi se faire de belles envies. Voici un premier aperçu des instruments et accessoires que vous retrouverez en magasin pendant toute l’année 2017.

Par Woodbrass Team

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Avid
La dernière mise à jour de Pro Tools a de quoi séduire ceux qui étaient encore récalcitrants à faire le grand pas vers le standard de l’industrie. Avid a introduit la fonctionnalité Soundbase, qui permet de choisir ses boucles à importer avec beaucoup plus de précision qu’auparavant, en les classant par style, ambiance et tempo. Le logiciel est désormais fourni avec 2 Go de boucles et samples pour exploiter immédiatement cette nouvelle fonction, une amélioration qui permet à Pro Tools 12.7 de concurrencer Live sur son propre terrain. Enfin, le nouveau menu Revision History offre un historique complet de toutes les modifications apportées au morceau de façon à revenir instantanément à une étape antérieure. Très pratique mais il fallait y penser !

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ESP
La marque japonaise a toujours été très forte pour les endorsements, et elle doit d’ailleurs une grande partie de sa réputation à Metallica entre autres, mais cette année elle a réalisé un coup de filet particulièrement admirable dans le milieu métal. Brian Welch, alias Head, alias le guitariste qui a fondé Korn, puis a quitté Korn, puis est retourné dans Korn, a rejoint la team ESP alors qu’il a largement contribué au succès des Ibanez 7 cordes dans les années 90 et 2000. Son modèle est la LTD SH-7ET, une 7 cordes bien entendu, et le ET de la référence fait allusion au système Evertune installé d’office, un chevalet qui maintient la guitare parfaitement accordée en toutes circonstances par un système de compensation de tension. Vous n’aurez donc plus jamais à toucher vos mécaniques, hormis pour passer de l’accordage standard au drop A. Le manche traversant est en érable, avec table en érable flammé sublimée par la finition violette transparente et corps en tilleul, la touche est en ébène et les micros sont des Fishman Fluence, une référence qui continue décidément de convaincre de nombreux musiciens dans des styles radicalement différents.
Bill Kelliher de Mastodon est lui aussi passé chez ESP cette année, et son modèle devrait ravir les amateurs de metal stoner puisque sa forme rappelle furieusement la Gibson RD, instrument oublié dans les annales de la marque et remis au goût du jour par Ghost. La Sparrowhawk, puisque c’est son nom, présente elle aussi un manche traversant avec touche ébène, mais le corps comme le manche sont en acajou. Les micros sont signés Lace Sensor (modèle Divinator), et le chevalet a été confié à TonePros, autant dire des gens qui savent très bien ce qu’ils font. Lars Frederiksen de Rancid complète ce joli tableau de chasse, et son modèle signature est une Viper (la SG version LTD) très bien équipée, avec micros Seymour Duncan signature et chevalet TonePros. La finition Danish Camo (camouflage danois, sic) est l’élément le plus immédiatement reconnaissable de l’engin.
Enfin, la Cult ’86 est encore plus qu’un modèle signature, puisque c’est la réplique d’un instrument historique, la ESP ST repeinte en mode swirl psychédélique avec laquelle Vernon Reid a monté Living Colour et enregistré Vivid. Ce modèle hommage reprend le corps en aulne, le manche érable vissé, la touche ébène et le Floyd de l’originale, on retrouve la finition incroyable qui vous assurera de vous faire immédiatement remarquer sur scène, et côté micros on retrouve avec plaisir les bon vieux EMG actifs (81 au chevalet, SA au milieu et au manche). Au-delà du superbe délire visuel, ce modèle est une manière pour ESP de revendiquer son glorieux passé. Là où Fender ou Gibson revendiquent haut et fort d’avoir servi d’instruments aux architectes du son des années 50 et 60, ESP a largement contribué au grain des années 80 et 90, et au fur et à mesure que se répand la nostalgie pour cette époque, il n’est que justice de voir des guitares qui s’approprient cet héritage.
Par ailleurs, pour ceux qui ne veulent pas de signature sur leur LTD, trois nouveaux modèles étendent la gamme Deluxe dans des directions très utiles. La LTD EC-1000 PIEZO pour commencer, et comme son nom l’indique, mélange deux micros traditionnels Seymour Duncan JB et ’59 avec un chevalet Fishman Powerbridge équipé d’un capteur piezo. On peut donc obtenir des sons électriques traditionnels ainsi que des sons d’acoustique branchée, le tout en sortant par deux jacks indépendants. La M-1000HT quant à elle a aussi des micros Seymour et présente une superbe table en koa, mais sa particularité est à chercher du côté de son chevalet, un hipshot fixe, d’où le HT de la référence pour hardtail. Hardtail toujours, mais carrément extrême, la MH-1000ET propose un chevalet Evertune et existe même en version 7 cordes, la MH-1007ET. Vous n’en pouvez plus d’être interrompu en plein rakoukou pour une corde de sol un peu basse ? Voilà la solution !

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Denon DJ
Denon a toujours eu la faveur des DJs qui privilégient une qualité sonore hors du commun, et les convertisseurs 24 bits de la marque ont fait les beaux jours de nombreux pros. Mais l’annonce de la platine virtuelle SC5000 Prime est un véritable pavé dans la mare, et a de quoi inquiéter très sérieusement les anciennes références du genre. Tout d’abord, l’accès aux informations essentielles et la manipulation ont été rendues le plus simple possible grâce à un écran couleur 7 pouces multitouch qui permet d’étudier de très près les différentes formes d’ondes, à 8 pads multifonctions qui peuvent par exemple être assignés aux boucles ou points cue, et à la platine 8 pouces qui permet d’afficher tout ce dont vous avez besoin pour retrouver le son qui vous échappe. Côté créatif, la possibilité de gérer deux couches sonores parallèles qui ont chacune leur sortie RCA dédiée est un outil qui devrait inspirer de nombreux artistes, et la détection automatique d’informations rythmiques et harmoniques est un atout précieux pour rendre ses mixes plus cohérents. L’ouverture sur l’extérieur est d’ailleurs le maître mot de la SC5000 Prime, puisqu’il est possible de mettre quatre platines en réseau via sa connectique Lan, et elle est conçue pour s’entendre à merveille avec la nouvelle table de mixage de la marque qui était aussi présentée au salon, la X1800 Prime. Par l’intermédiaire du protocole Engine Connect, la SC5000 Prime et la X1800 Prime partagent instantanément toutes les données propre à chaque son. En plus de sa grande simplicité d’utilisation (toutes les fonctions sont directement accessibles), la table 4 voies X1800 Prime brille surtout par la richesse de ses traitements. Il y a bien sûr une EQ ultra complète et un contrôle totale des filtres passe-haut et passe-bas, mais aussi le Sweep et BPM FX qui bénéficient tous deux de boutons dédiés, et permettent des effets rythmiques saisissants. Vous l’aurez compris : les deux Prime se complètent à merveille et constituent une panoplie DJ ultime.
Pour les irréductibles de l’analogique, Denon DJ est bien là aussi, et la série Prime inclut aussi la VL12 Prime, une superbe platine à entrainement direct qui se place elle aussi clairement du côté de l’excellence. Le couple moteur est isolé pour éliminer tout bruit de fond, et s’avère tout simplement être le plus puissant du marché, tant qu’à faire… Tout le reste est à l’avenant : les pieds isolants éliminent tout retour indésirable, la base du bras de lecture en S est en métal solide, tout comme le reste de la platine pour un aplomb imparable, et, détail visuel ultime qui a forcément son importance, le contour du plateau est illuminé et on peut choisir la couleur et l’intensité. C’est à ce genre de détails qui l’on réalise l’extrême souci du détail qui a présidé à la conception de la série Prime.

DENON+DJ+X1800+PRIME

Grace Design
Et à propos de bonne DI… Les américains de Grace Design se sont fait connaître par leurs préamplis et convertisseurs de très haute volée, faits dans le Colorado et adaptés aux besoins des studios les plus exigeants. Puis ils ont sorti la Felix, une double préampli avec booster adapté aux instruments acoustiques, et les guitaristes les plus exigeants se sont jetés dessus pour organiser leur système d’amplification, malgré un prix assez élevé. L’année dernière, le Alix réduisait ce coût en proposant un seul préampli, et cette année la course à la miniaturisation avec le Bix, qui devrait séduire tous ceux qui voudraient profiter de l’énorme dynamique et de l’excellente qualité audio de Grace sans avoir à revendre un rein et dégager de la place sur un pedalboard déjà bien encombré. La connectique ne change pas tellement puisqu’on garde la boucle d’effets (même si on perd la sortie accordeur), et on garde le boost réglage et footswitchable ultra pratique pour jouer sur scène. En revanche, l’EQ devient nettement plus spartiate puisqu’elle se résume désormais à deux bandes (graves et aigus) au lieu des trois bandes avec médium paramétriques (trois réglages donc) et filtre passe-haut (pour dompter les larsens) de la Alix. Plus de réglage de volume séparé pour la sortie ampli, le Bix est donc un préampli pour les systèmes plus simples qui ne veulent pas pour autant sacrifier leur précieux son. Et la bonne nouvelle, c’est que contrairement à ses deux grands frères, il s’alimente en 9V standard et peut donc être intégré facilement à un ensemble de pédales standard.

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Chandler
La réputation de Chandler n’est plus à faire en matière de périphériques reprenant le matériel des studios Abbey Road avec une exigence de qualité sans précédent. Alors lorsqu’ils ont décidé de concevoir un microphone, ils ne s’y sont pas pris comme tout le monde. Le EMI REDD Microphone intègre en fait un préampli REDD.47, le classique préampli à lampe des studios EMI, et ingère le micro au préampli et vice-versa, pour une intégration naturelle et un grain sonore imidiatement reconnaissable. Visuellement, il se rapproche beaucoup d’une U47 vintage et on retrouve effectivement un micro à lampes avec une polarité cardioïde ou omnidirectionnelle, mais on retrouve les attributs classiques d’un préampli comme le réglage du niveau d’entrée par un potard cranté à 9 pas, et un switch qui enclenche une très légère distorsion qui redonne de la richesse harmonique et de l’épaisseur au son. Plutôt qu’un simple passe-haut, un réglage de contour permet de sculpter les graves de façon progressive pour éviter le côté brouillon des graves. Wade Goeke, le patron de Chandler, nous a fait écouter un chanteur avec sa guitare enregistré en live par un seul REDD Microphone, et avec un traitement extrêmement léger, ça sonne déjà comme un disque. Il y a fort à parier que ce micro est un futur classique.

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Fender
Comme toujours, le géant californien était venu avec plein de beaux instruments qui ont donné lieu à pas mal de crises de GAS spontanées. Le fer de lance de la marque cette année était clairement la nouvelle série American Professional qui vient remplacer les American Standard, autant dire les futurs best seller de la marque, le mètre étalon à l’aune duquel toutes les autres guitares made in USA à manches vissés seront jugées. Il y a des différences qui ne se voient pas au premier coup d’oeil, comme la nouvelle forme de manche Deep C (un C plus profond que le C moderne des Standard), les frettes plus fines, la tige de vibrato qui s’enfiche sans se visser et surtout les micros, V-Mod pour les simples et les fameux Shawbuckers (conçus par le gourou des micros Tim Shaw) pour les doubles. Et puis il y a les nouveautés qui sautent aux yeux : trois nouvelles couleurs de toute beautés font leur apparition (Sonic Gray – gris bleu, Mystic Seafoam – turquoise, Antique Olive – vert olive assez clair), l’occasion de se souvenir à quel point les couleurs pastels vont bien aux Fender, et surtout trois nouveaux modèles qui n’avaient jamais existé en Standard. On retrouve donc avec plaisir les deux formes offset qui auparavant n’existaient qu’en American Special (donc peu fidèles aux originales) ou American Vintage (donc chères), la Jazzmaster et la Jaguar. Ces deux merveilles des années 50 et 60 n’ont jamais eu la place qu’elles méritaient dans la gamme Fender et c’est donc une belle occasion de les retrouver, surtout avec un chevalet type Mustang, ce qui évite d’avoir à le changer d’origine ! Et le troisième modèle est une Telecaster Deluxe, avec deux humbuckers et la grande plaque, et une petite tête de Tele. Tout ça est très beau, et dans le lot la Strat à deux Shawbuckers zebra n’est pas la moins excitante…

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Zoom
Vous avez craqué pour un des incroyables enregistreurs style Nagra de chez Zoom, le F4 ou le F8 ? Vous avez d’autant mieux fait que la marque japonaise propose désormais une surface de contrôle dédiée à ces petites boîtes, l’outil parfait pour une séance d’enregistrement et de mix sans avoir à passer par un ordinateur. Les 9 faders contrôlent les 8 pistes et le master volume, on retrouve les contrôles de transport, de quoi contrôler le time code ainsi que l’édition des noms de pistes et de scènes, et le plus beau est que le F-Control fonctionne sur piles ou via le porte USB du F4 ou F8, vous êtes donc parfaitement autonome. Une prise casque permet de placer le F8 loin de vous sans avoir à tirer un câble pour le monitoring : on peut dire sans exagérer qu’ils ont pensé à tout.
Plus rudimentaire mais pas moins utile, le Q2N est une caméra dont le format rectangulaire permet de se filmer facilement en même temps que l’on joue, elle se pose sur un pied de micro et c’est parti, d’autant plus que son objectif grand angle pardonne bien des erreurs de cadrage. Comme d’habitude chez Zoom la qualité sonore est au rendez-vous via un deux micros en stéréo X/Y qui peuvent encaisser jusqu’à 120 dB. Même un batteur pourra donc faire des vidéos pédagogiques sans les faire saturer, et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Zoom a choisi Steve Gadd comme porte-parole de ce nouveau produit.

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Tech 21
La firme new-yorkaise à qui on doit déjà le Sansamp et le VT Bass a toujours été présente dans le rack de Geddy Lee, le frontman, chanteur et bassiste du trio canadien de rock progressif Rush. Dans le but de créer un son à la fois très saturé, fluide, punchy et précis, ce dernier a donc développé un système en rack extrêmement complexe qui intégrait généralement les préamplis RBI et RPM de Tech 21 ainsi que des têtes d’ampli Orange. Son nouveau préampli signature, le GED-2112 (en référence au concept album 2112, un pur bijou), se propose de remplacer tout ce système et ses deux canaux Drive et Deep sont en fait deux préamplis parfaitement indépendants. Ils partagent la même entrée (même si vous pouvez sélectionner votre entrée si vous passez d’une basse à l’autre en cours de concert) et sortent sur deux sorties XLR/jack qui peuvent ensuite attaquer deux côtés de l’espace stéréo via un ampli de puissance. Vous trouverez aussi une sortie accordeur et une sortie directe non-traitée. Le Drive sera très apprécié des fanatiques de sons saturés précis puisque son réglage de blend permet d’introduire du signal clair au milieu de votre saleté, et son médium semi-paramétrique est une bonne manière de maîtriser le caractère de votre son. Le Deep, comme son nom l’indique, développe des graves très généreux et sera donc la contrepartie épaisse au caractère plus fin du Drive. C’est original et très bien pensé, un peu comme la musique de Rush… Et ce nouveau produit pose donc la question : étant donné que le trio est en sommeil prolongé, l’arrivée de ce préampli annonce-t-elle de nouveaux horizons musicaux pour Geddy Lee ? Nous avons hâte de le découvrir.

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Microtech Geffel
Les allemands de Microtech Geffel ne sont pas du genre à faire les choses à moitié. Lorsqu’ils sortent un nouveau micro, c’est qu’ils croient en sa qualité sonore et qu’ils l’estiment digne de figurer parmi les illustres modèles de leur catalogue. Alors s’ils se mettent en tête de concevoir un micro de podcast, exercice d’ordinaire plutôt réservé aux modèles pour les budgets modestes, on peut leur faire confiance. Et bien entendu le SRM 100 se place immédiatement comme la référence du genre, le stade ultime à l’aune duquel tous les autres seront jugés. Sa polarité omnidirectionnelle et sa grande étendue dynamique le rendent idéal pour affronter les solutions les plus inconfortables, et ne gâcheront pas votre prise pour un coup de vent un peu violent. Son creux dans les médiums rend les discours plus intelligibles, et la capsule est suspendue de façon élastique pour ne pas qu’on vous entende manipuler le SRM 100. Ajoutez à ça une connectique compatible iOS, Android et Windows et vous obtenez un outil parfait qui vous rendra de fiers services.

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