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NAMM 3ème jour – J’ai mal aux pieds

Par Woodbrass Team

Le troisième jour du NAMM est généralement le moment critique : non seulement les deux jours précédents à faire des kilomètres dans les allées, poireauter en attendant les rendez-vous, subir un volume sonore constant assez considérable et manger des choses bizarres commencent à se faire sentir, mais pour couronner le tout le samedi est le jour où les visiteurs sont les plus nombreux. Le mélange est explosif et pousse souvent les moins résistants à abandonner. Mais nous ne mangeons pas de ce pain-là, et voici donc notre troisième compte-rendu, en attendant le dernier demain !

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Supro
Le génial Adrian Belew (ex-King Crimson et David Bowie) était sur le stand Supro pour officialiser sa relation avec la marque d’amplis qu’il endorse désormais. Par ailleurs, les trois nouveaux venus dans la gamme nous ont bien donné envie de faire un tour dessus, toujours avec ce look incroyable identique aux Supro des années 60 (tolex bleu et grille argentée). Les trois introduisent la reverb et le trémolo chez Supro, une très bonne idée étant donné le caractère très sec de ces amplis. Le plus gros du lot est le 1650RT Royal Reverb, un 60 watts à deux 6L6 (switchable en 35 et 45 watts ce qui est encore très fort !) équipé de deux hauts parleurs de 10“. Vient ensuite le 1648RT Saturn Reverb (15 watts, 1×12“) et enfin le benjamin du lot qui nous a fait craquer par son petit gabarit, le 1622RT Tremo-Verb qui envoie quand même 25 watts dans son haut parleur de 10“ ! Encore de belles sensations en perspectives…

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Roland / Boss / Aira
Jusque là, les amateurs de claviers devaient choisir leur camp entre analogique et numérique. En réalité, les deux ne sont pas forcément antinomiques et Roland vient donc proposer un clavier qui devrait rétablir la paix entre les deux camps… ou raviver les débat de plus belles. Le JD-Xi rassemble un générateur de sons analogique et un générateur numérique. Le premier se charge des sons lead et des basses façon Moog et le deuxième exploite la banque de sons SuperNATURAL et propose 128 notes de polyphone. Un petit micro sur perchette surgit du très beau clavier noir et rouge et il peut être utilisé pour l’effet vocoder et l’autopitch intégrés. Comme si ça ne faisait pas assez, il y a aussi un séquenceur quatre pistes et jusqu’à quatre effets simultanés sur les sons de base.
Roland sortait aussi une interface audio USB à quatre entrées et quatre sorties, la Super-UA, dont le bouton molette multifonction de grande taille ainsi que les boutons illuminés et escamotables permettent un accès immédiat à la plupart des réglages. Simple, efficace et plutôt joli, pas de raison de se plaindre donc !
Nous sommes en revanche restés perplexes face à la Roland Eric Johnson Blues Cube Tone Capsule, un petit add-on en forme de lampe d’ampli qui vient se greffer sur le Blue Cube et donnerait le son de Eric Johnson. Le Blues Cube est un très bon ampli à la base, et la Tone Capsule lui donne certes encore plus de sensibilité et d’épaisseur, mais de là à comparer le résultat au setup de rêve du sieur Johnson (deux Fender Twin Reverb en stéréo et un Marshall plexi), ça tient plutôt de l’utopie.
Côté Aira, nous avons admiré la MX-1, une table de mixage qui permet aussi de faire de la musique. Le look est furieux comme toujours chez Aira, les effets sont très nombreux et peuvent être séquencés pour un rendu qui tient autant de la performance que du simple mix.
Au rayon Boss, il y avait aussi pas mal de choses, à commencer par une nouvelle pédale venue rejoindre la gamme mythique des compact pedals. Il s’agit de la BB-1X, ou Bass Driver, qui est spécialement conçu pour ne pas compromettre les graves de votre instrument même à de forts niveaux de distorsion.
Le Boss VE-1 est un processeur d’effets d’ambiance consacré au chant, spécialement conçu pour être ajusté aux doigts en pleine performance. Un trouve un doublage, un enhance, un correcteur de justesse façon Autotune et sept types d’ambiance.
Mais la nouveauté la plus intéressante du lot était le ES-8, une boîte noire rectangulaire allongée au look très simple, sobre et classe qui est conçu comme le centre de votre système guitares + pedalboard + amplis. Ce pédalier de contrôle dispose de huit boucles d’effets (dont une stéréo), d’une implémentation MIDI, de plusieurs prises pour des pédales d’expression externes et d’une sortie accordeur. En tout, on arrive au joli score de 36 connecteurs en face arrière ! Bien entendu, tous les paramètres sont mémorisables dans les emplacements mémoire, et ainsi vous n’aurez plus jamais à jouer des claquettes sur trois pédales à la fois. La nouvelle pédale d’expression et volume FV30, plus compacte que la FV50, a été conçue comme le compagnon idéal de l’ES-8.

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TC Helicon
La marque des chanteurs aventureux présentait deux nouveaux produits qui devraient à ce qu’attendaient de nombreux vocalistes. Le micro M76 tout d’abord, qui n’est pas une simple variation partant du M75, le best-seller de la marque, mais bien un nouveau type de micro à part entière puisque ses quatre boutons et son écran LCD intégrés permettent de contrôler les effets d’un processeur TC Helicon en temps réel. Qu’il s’agisse de changer de preset, d’activer un effet ou de créer une loop, le M76 peut contrôler toute la famille VoiceLive ainsi que les Play Acoustic, Play Electric et VoiceSolo FX150.
A première vue, on confondrait presque le nouveau Ditto Mic Looper avec son frère dédié aux guitaristes, le Ditto X2, mais il s’agit bien d’un looper entièrement consacré à la voix. L’entrée XLR est préamplifiée avec alim fantôme, et les contrôles sont ultra simples mais très efficaces. Les deux footswiches servent respectivement à démarrer l’enregistrement et arrêter la lecture, tandis que l’unique bouton règle le volume de la boucle. Vous vous sentez l’âme d’une Camille ? C’est le moment de vous y mettre.

TCElec

TC Electronic
Les danois de TC Electronic n’ont pas chômé cette année et ils sont venus les bras chargés de nouveauté ! Deux nouvelles Tone Print ont tout particulièrement retenu notre attention, tant la qualité de la série est de notoriété publique. Le Helix Phaser est un phaser avec trois sons différents immédiatement accessibles, Vintage, Smooth (doux, pour un effet plus discret) et TonePrint, c’est-à-dire un preset concocté par une des nombreuses rock stars partenaires de la marque que vous aurez chargé dans votre pédale. La Viscous Vibe est quant à elle la version TC Electronic de l’indémodable Uni-Vibe, avec les fameux modes Chorus et Vibrato (sachant que tout le monde utilise le mode Chorus !), mais aussi un mode TonePrint que l’on a hâte d’écouter pour voir ce que les artistes auront fait de la vénérable pédale hendrixienne par excellence. Le bouton de vitesse est énorme et peut donc être tourné au pied pour passer instantanément d’une vibe enveloppante à un effet tremblotant proche de la cabine Leslie.
Enfin, les bassistes ont aussi droit à leurs nouveautés danoises avec la nouvelle gamme d’enceintes K. La première chose qui nous a frappé chez elles est leur look. Les baffles de basse sont souvent très ennuyeux, alors que le K parviennent à marier classe, esprit vintage et sobriété. Mais il y a aussi du monde à l’intérieur, puisque les K allient des woofers conçus en collaboration avec Lavoce avec un tweeter de 1“, le tout avec un poids très sympa pour le dos (quel constructeur oserait encore sortir un baffle basse lourd en 2015 ?). Trois modèles K ont été présentés : le K210, le K212 et le K410.

zoom

Zoom
Les japonais de Zoom ont toujours des bonnes nouvelles à nous annoncer et ce NAMM 2015 ne faisait pas exception à la règle. Nous avions déjà craqué sur la caméra Q4 qui proposait une excellente qualité sonore dans format ultra compact parfait pour filmer un concert sans s’encombrer, et Zoom lui a donc donné une grande sœur avec la Q8. Elle est légèrement plus grosse mais l’encombrement en vaut la chandelle, puisqu’on gagne une résolution très élevée (2304 x 1296 pixels, bien plus que de la simple HD donc) et surtout la possibilité de changer le micro de la caméra. Toutes les capsules Zoom que l’on pouvait mettre sur les enregistreurs H5 et H6 sont compatibles, et l’ont peut donc choisir un large diaphragme ou un shotgun selon les besoins du tournage.
L’année dernière, nous avions aussi admiré la TAC-2, l’interface audio de zoom conçue autour du format Thunderbolt. Avec deux nouveaux modèles on peut désormais parler d’une gamme à part entière plutôt que d’un modèle isolé. La TAC-2R propose elle aussi deux sorties et deux entrées mais elle est aussi équipée d’une connectique MIDI et les réglages de gain d’entrée des deux canaux ainsi que les deux volumes (général et casque) ont désormais leurs boutons consacrés. A l’étage du dessus, on trouve la TAC-8, qui comme son nom l’indique reçoit huit entrées préamplifiées (avec leurs propres entrées combo jack XLR et leurs potards de gain), et 18 entrées possibles via ADAT. Largement de quoi voir venir donc.

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NFUZD
Vous ne connaissez pas encore cette marque, mais il y a fort à parier que malgré son nom imprononçable elle soit sur la langue de tous les batteurs d’ici peu. Il s’agit d’une nouvelle marque de batteries électroniques, mais pas d’une marque de plus : ils n’ont absolument rien fait comme les autres ! Leurs pads ne sont pas minuscules, ils font la vraie taille des fûts et peuvent donc s’installer directement par dessus une batterie acoustique pour ne pas perdre sa configuration habituelle, même pour les cymbales. Leur surface répond de la même manière que des peaux et les capteurs sont disposés en toile d’araignée sous la peau pour une réponse optimale aux variations d’intensité et d’endroit de frappe. Leur premier système s’appelle le NSPIRE, et là aussi les choses ont été pensées dans le sens du haut de gamme : samples de très bonne qualité audio (16 bits / 44.1 KHz, comme un CD), grosse caisse plus large que d’habitude, cymbales longues et non compressées, et compatibilité poussée avec le logiciel BFD Eco (via port USB reliée à un ordinateur ou clé USB pour les concerts) pour encore plus de samples de très haute qualité. Vous l’aurez compris, NFUZD fait des batteries électroniques d’excellente qualité et s’adresse avant tout aux pros qui veulent enregistrer à la maison sans faire de bruit ou intégrer des éléments électroniques dans leur kit acoustique.

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Les fans de Matthew Bellamy (chanteur / guitariste de Muse) le savent bien : le virtuose britannique a toujours été fidèle au luthier Manson pour réaliser ses instrments les plus délirants. Mais pour commander la même, il faut compter plus de 4000 euros, ce qui n’est pas franchement à la portée de tous. Cort s’est donc allié à Manson pour créer un modèle signature Bellamy, le MBC-1, qui reprend la forme façon Telecaster du futur des guitares habituelles de Bellamy. Les micros (un simple au manche et un mini humbucker au chevalet) sont signés Manson, et un kill switch vient amener le côté expérimental propre à notre ami Matt, qui a pour habitude d’intégrer un Kaoss Pad Korg et une ZVex Fuzz Factory dans ses instruments. D’ailleurs, si votre fer à souder est chaud, le prix de cette Cort MBC-1 permet de se lancer dans des modifications sans perdre l’équivalent du prix d’une voiture familiale !

Manley
L’année dernière, Manley avait déjà fait un gros effort de démocratisation en proposant un channel strip complet fabriqué en Californie du sud pour moins de 2000 euros (le Core), mais là ils ont carrément sorti un futur best-seller assuré ! La Force est un quadruple préampli à lampes fabriqué avec cette même exigence et conçu comme un tank de guerre, le tout pour moins de 3000 euros… Lorsqu’on voit le circuit à l’intérieur, on comprend immédiatement que la Force est un rack qui a sa place dans les studios les plus côtés de la planète, mais le fait de pouvoir investir dans 4 préamplis de cette qualité pour ce prix-là devrait intéresser de très nombreux home studistes exigeants. Pour ne rien gâcher, l’engin est d’une simplicité désarmante : chaque canal a son entrée jack à l’avant, son entrée et sa sortie XLR à l’arrière, son potard de volume (avec un gain disponible énorme grâce au très haut voltage interne), son vu-mètre, un pad de niveau d’entrée, un filtre coupe-bas, un inverseur de phase et une alimentation fantôme. Pas besoin de plus pour avoir le gros son.

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Godin
Cette année, la grosse révolution chez Godin était à trouver chez les acoustiques, et pouvait presque inaperçue tellement elle est évidente : la marque canadienne propose enfin la forme OM, qui se voit rebaptisée Concert Hall pour l’occasion. On retrouve donc désormais des Concert Hall chez Seagull et Simon & Patrick, dont la sublime Showcase Rosewood avec corps en palissandre massif, table massive épicéa et tête ajourée. Les fingerpickers à la recherche d’excellents instruments made in Canada à prix ultra raisonnables vont y trouver leur compte à coup sûr.
Côté electrique, ce sont les Summit Classic qui ont mis tout le monde d’accord en reprenant le côté « Les Paul canadienne » des Icon mais poussé encore plus loin, en version gold ou sunburst, avec P90, humbucker (Seymour Duncan à chaque fois), ou encore avec les Seymour Duncan Convertible qui permettent de switcher entre son simple bobinage, son P90 et son humbucker. Sachant que l’on dispose de deux micros avec trois positions par micro et du système d’eq embarquée Godin HDR, je vous laisse calculer le nombre de configurations possibles et on en rediscute. Dans un style plus roots, les Core CT conservent la même forme mais en plus simple et avec un corps en cèdre. Un simple chevalet wraparound suffit (l’excellent Graph Tech Resomax), et les deux micros peuvent être deux humbuckers ou deux P90.
Dans le genre « pas cher mais très efficace », il y avait une nouvelle version de la Progression avec un Seymour Duncan mini JB humbucker en position chevalet, de quoi s’attaquer à tous les styles du monde avec le son qui va bien.

godin

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