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Rob Clark (Global business development manager pour Apogee) – Interview

Par Woodbrass Team

Lorsqu’on parle de convertisseurs de grande qualité, Apogee n’est jamais loin. La firme californienne existe depuis 1985 et n’a jamais sorti de produit de qualité moyenne : que du très haut de gamme, et des outils dont les professionnels ne peuvent pas se passer. Leurs horloges numériques sont les modèles du genre (Big Ben), leur interface Symphony bouille les pistes entre project studio et gros établissement, et leurs petites interfaces Duet et Quartet offrent la fiabilité Apogee au prix des home studio. En cette fin d’année, Apogee marque le coup et sort une interface qui combine tout leur savoir faire dans un rack 1U noir très élégant. Ladies and Gentleman, voici l’Ensemble ! Pour nous la présenter , Rob Clark est venu de Californie et a répondu à nos questions.

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En quoi consiste ton rôle chez Apogee ?
En tant que business development manager je suis responsable de tous nos distributeurs dans le monde, de l’Europe à l’Asie en passant par l’Amérique du Sud. Je travaille avec eux pour adapter le marketing, les services et la vente aux différents contextes locaux.

Y a-t-il des territoires qui ne sont pas sous ta responsabilité ?
Pour l’instant je ne m’occupe pas de la lune ! C’est vraiment un métier passionnant : je me réveille le matin et je m’occupe de l’Europe, durant la journée je m’occupe du continent américain et pendant la nuit c’est l’Asie qui est éveillée. Parfois il m’arrive de dormir… J’apprends beaucoup sur toutes les cultures, c’est par exemple la première fois que je viens en France ! Je m’intéresse à chaque marché de la musique, et je cherche à savoir qui sont les musiciens locaux et la manière dont nous pouvons répondre à leurs attentes en tant que Apogee.

Quelles sont les principales différences entre ces régions ?
Les styles musicaux populaires ne sont pas les mêmes. Aux Etats Unis, Apogee est associé au rock même si la pop et la musique électronique y sont aussi très populaires, en Corée tu as la K-Pop (la pop coréenne), en Chine il y a beaucoup de musiques folkloriques, en France nous comptons Phoenix parmi nos utilisateurs.

Musicalement quelles sont tes préférences personnelles ?
Ces derniers temps j’ai énormément écouté Random Access Memories de Daft Punk, qui est un très bon exemple d’album enregistré à Los Angeles et à Paris. C’est une belle connexion. J’aime beaucoup John Legend aussi, et il a entièrement enregistré son dernier album sur une Apogee Symphony I/O.

Qu’est-ce qui différencie Apogee des autres marques ?
Apogee a commencé par la fabrication de filtres pour les machines à bandes numériques. Betty Bennett et Bruce Jackson, deux des co-fondateurs, écoutaient les machines Mitsubishi et Sony lorsqu’ils se sont rendus compte qu’elles pouvaient mieux sonner grâce à des filtres anti-aliasing. Ces filtres sont devenus des standards proposés par Sony et Mitsubishi eux-mêmes. Après ça, Apogee a crée l’une des premières interfaces de conversion numérique / analogique en standalone. Nous avons été des pionniers de l’audio numérique, notre héritage a toujours été de faire les meilleurs convertisseurs possible. Dans ce but, nous avons conçu de nombreux produits, comme la technologie dither UV22 ou encore le soft limit qui permet d’éviter la distorsion numérique. Tous nos produits sont fabriqués aux Etats Unis, juste à côté de l’endroit où ils ont été conçus, cela simplifie énormément le contrôle qualité. Notre but n’est pas de construire les produits les moins chers en très grande quantité ou même de construire les produits les plus sexy, même si nos interfaces ont un look très cool… Notre but est de faire la meilleure interface et la plus intuitive. La qualité sonore et la qualité de fabrication sont nos priorités absolues et nous ne sacrifierons jamais ces deux éléments. D’ailleurs il ne reste plus beaucoup d’entreprises qui fabriquent encore aux Etats Unis…

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Parle-nous de la nouvelle interface Ensemble.
La nouvelle Ensemble est notre meilleure interface audio destinée au project studio, pour tous les utilisateurs qui enregistrent de manière nomade ou dans un environnement qui ne permet pas d’utiliser une énorme console analogique. L’Ensemble d’origine avait lancé la mode des interfaces project studio qui permettent d’avoir une excellente qualité de conversion en passant par le port firewire. Pour cette nouvelle version, nous avons intégré tous les éléments développés entre temps. Toutes nos connaissances en matière d’interface guitare viennent des Jam et GiO, les micros via MIC et One nous ont servi à développer le micro de talkback, les préamplis ont bénéficié de la Symphony I/O ainsi que des Duet et Quartet, et la conversion vient elle aussi de la Symphony I/O. Nous avons donc combiné toutes ces technologies pour arriver à l’interface tout-en-un ultime.

Vous avez donc attendu que la technologie Thunderbolt soit au point pour sortir cette interface.
Le Thunderbolt 2 est le cœur de la technologie de la nouvelle Ensemble. Les interfaces USB sont très bien pour les ingénieurs qui n’ont besoin que de deux ou quatre entrées, et il faut arriver à un nombre de pistes plus élevé pour profiter réellement du Thunderbolt. Nous avons travaillé de très près avec Apple pour concevoir une interface qui fonctionne à merveille avec les dernières générations de Macs. En combinant le Thunderbolt 2 et les drivers propriétaires de Apogee nous avons pu atteindre la latence la plus basse possible à ce jour une interface audio.

Depuis combien de temps travaille-tu chez Apogee ?
J’ai rejoint Apogee il y a un an, et avant ça j’ai travaillé pendant plusieurs années chez Apple. J’étais à Nashville et je m’occupais des ventes en direct pour les studios locaux. Apple sont très bons là-dessus, ils ont des équipes partout pour garder leurs clients dans le domaine du son. Le nouveau Mac Pro est très présent dans les gros studios. D’ailleurs mon premier rôle chez Apogee était de m’occuper du business avec Apple, nous avons une excellente relation.

Quel a été ton parcours avant ça ?
Avant ça je travaillais dans le studio d’enregistrement RCA Studio B, celui dans lequel Elvis a fait pas mal d’albums. J’ai donc à la fois l’expérience du studio et l’expérience de l’informatique, Apogee était la combinaison logique de ces deux compétences.

Je crois savoir que tu es aussi batteur.
Oui, je joue de la batterie pour m’amuser ! J’ai eu des groupes de rock au lycée et à la fac.

Quels sont tes batteurs préférés ?
Pas facile… J’adore Carter Beauford du Dave Matthews Band et John Bonham de Led Zeppelin.

En quoi ta formation de batteur a-t-elle informé ton expérience d’ingénieur du son ?
C’est comme ça que j’ai commencé ! J’ai acheté ma première interface audio parce que je voulais enregistrer ma batterie, j’avais donc besoin de beaucoup d’entrées… J’étais le seul gamin de mon quartier qui avait une interface de ce genre, et de nombreux groupes m’ont donc demandé de les enregistrer. Si j’avais été un guitariste je n’aurais eu besoin que de deux entrées et je ne serais peut-être pas là où j’en suis aujourd’hui !

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