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Synthés modulaires : l’instrument de musique version Lego

Par Woodbrass Team

Les allées du salon de Los Angeles, le NAMM, sont une bonne indication des grandes tendances et modes du marché de la musique. Cette année, le verdict était sans appel : tous les amateurs de synthétiseurs découvrent ou redécouvrent les joies du modulaire. Woodbrass vous propose déjà ces petites boîtes magiques depuis un moment, mais pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas, voici un petit guide pour votre initiation.

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Pour ceux qui ne voient même pas de quoi on parle, c’est très simple : un système de synthé modulaire fonctionne de la même manière que les synthétiseurs « tout-en-un » avec lesquels vous êtes familiers, sauf que les différents éléments se présentent sous formes de modules (d’où le nom !) indépendants. Ils sont connectés entre eux par des câbles dits « patch », votre signal circule d’un module à l’autre pour arriver au son final, et tous les modules partagent la même alimentation. Le principal avantage de ce mode de fonctionnement est bien sûr sa grande flexibilité. Vous pouvez changer l’ordre des modules, tenter de nombreuses combinaisons et ajouter ou remplacer certains éléments. Par essence, un système modulaire est unique, il n’est jamais complet, jamais terminé, et par là-même jamais limité. L’autre gros avantage est que ce système est généralement composé en majorité d’éléments analogiques, et on profite donc de la qualité de son propre à ce format. Enfin, ce système permet aussi d’accéder à des technologies atypiques. Certes un système modulaire n’est pas donné mais vous pouvez le construire petit à petit sans que l’investissement d’origine ne soit délirant.

Pourquoi pas ?
Le principal inconvénient du modulaire est le pendant direct de son principal avantage. La flexibilité veut aussi dire que le modulaire est moins immédiat, moins rapide. Il faut prendre le temps de connecter ses éléments et d’apprendre à configurer son système plutôt que de faire défiler les presets jusqu’à en trouver un qui vous plaît. Mais c’est là une vertu pédagogique non négligeable : en maîtrisant votre système modulaire, vous deviendrez parfaitement conscient de la manière dont fonctionne un synthétiseur. Fut un temps où les armoires remplis de synthés modulaires étaient réservées à quelques savants fous ou claviéristes de rock progressif portant des capes, et le tout faisait plus penser à un serveur téléphonique à l’ancienne plutôt qu’un instrument de musique. Mais ce temps là est révolu, et depuis le milieu des années 90 le modulaire s’est démocratisé et il est devenu l’arme secrète de nombreux passionnés. Il est donc naturel d’avoir un peu d’appréhension à l’idée de se lancer dans un monde que vous ne connaissez pas du tout, mais les passionnés de modulaire sont en général très heureux de partager avec d’autres passionnés, et peuvent vous être d’une aide précieux dans votre initiation. Il suffit de voir le nombre de forums internet uniquement consacrés à ce sujet, en anglais comme en français, pour réaliser l’ampleur du phénomène.

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La star du stand Avalon au NAMM 2015 de Los Angeles

Lancez-vous !
Avant de vous lancer, deux précautions à garder en tête à tout moment : d’une part, ne montez et démontez jamais de modules « à chaud », c’est-à-dire lorsque votre alimentation centrale est allumée. C’est le meilleur moyen d’abîmer votre précieux instrument. D’autre part, bouchez les espaces vides avec des Blind Panels, ça ne coûte pas grand chose et ça évitera que la poussière vienne s’installer dans le système. Il vous faut ensuite choisir un boîtier d’alimentation, celui dans lequel viendront se loger tous les modules. Trois formats principaux existent : Moog (le plus ancien historiquement), Frac, et Eurorack. Ce dernier, qui est relativement récent (inventé par la marque Doepfer en 1995), est le plus populaire puisqu’il est à la fois moins encombrant, moins cher et plus riche en référence que ses concurrents. Ce format est relativement ouvert et facilite aussi l’approche D.I.Y. (« do it yourself », fais-le toi-même) qui consiste à assembler ses modules en kits, ou même à concevoir ses propres circuits. La taille de votre boîtier peut varier énormément, des plus petits modèles qui peuvent recevoir quatre modules à de véritables machines de guerre nettement moins portables.

Brique après brique
Tout commence par un oscillateur, qui sera la source de votre signal. Il génère le son d’origine, qui sera ensuite modifié par les modules suivants. Un oscillateur n’a qu’une sortie, pas d’entrée, et si vous souhaitez le contrôler par l’intermédiaire d’un clavier maître ou d’un séquenceur il faudra ajouter une interface MIDI to CV à votre système. Viennent ensuite les filtres qui contrôlent les fréquences du son, les processeurs de modulation ou d’enveloppe et enfin les effets temporels. Parmi les grandes marques spécialisées dans le domaine, le grand classique est Doepfer, qui existe depuis plus de 20 ans et bénéficie donc d’un catalogue aux références ultra nombreuses. Il y aussi des marques « boutique » comme Tip Top et Mutable Instruments, qui proposent moins de produits. Ces derniers sont généralement du haut de gamme bien spécifique, l’idéal pour trouver un son que personne d’autre n’aura. Enfin, même les grandes marques s’y mettent, comme Waldorf avec le nW-1 ou Dave Smith et son DSM01. Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour faire le grand pas, à vous de jouer !

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