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Yann Armellino (Guitariste, Prof) – Interview

par Woodbrass Team

Son nom vous dit forcément quelque chose, tant Yann est un pilier incontournable du paysage guitaristique français. Il fut prof virtuel sur le DVD de Guitar Part, guitariste sur ses excellents albums solo (dont le très blues Revisited) et prof de milliers d’élèves via la série de DVD pédagogiques Je Suis Guitariste. à l’occasion de la sortie du dernier volume entièrement consacré à la guitare Folk, nous nous sommes entretenus avec ce virtuose au sens pédagogique hors du commun.

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Peux-tu résumer ton parcours ?
Alors pour faire court, je suis en « solo » depuis 2000, année de sortie de mon premier album. Avant cela, j’ai joué dans différents groupes (plutôt Hard) sans toutefois dépasser le stade de la démo et de quelques gigs. Je suis autodidacte et ai pratiqué la guitare rythmique pendant 7 ou 8 ans, chose que je conseille à tous les débutants avant de passer aux chorus… eh oui ! Le groove ! Le groove !  C’est après avoir écouté les albums « Unmasked » et « Destroyer » de Kiss que j’ai eu LA révélation, comme de nombreux autres guitaristes, un vrai flash visuel et musical. J’ai su très vite que je voulais en faire mon métier, même si je savais que je ne m’orientais pas vers la voie la plus facile. C’est donc il y a déjà 15 ans déjà que l’on m’a proposé d’enregistrer un album instrumental, style que je n’avais jamais pratiqué avant cela. J’ai tout de suite accepté : il y a des propositions qui ne se refusent pas… C’était une grande première pour moi mais je me suis très vite pris au jeu et finalement, composer de l’instrumental ou bien des titres destinés à être chantés est assez proche. Le travail de composition et de création est identique, le plus dur étant de faire oublier l’absence de chant aux réfractaires du genre, avec l’aide de la guitare. J’ai depuis sorti cinq autres albums, quatre DVD plus le petit cinquième qui vient de paraitre, une méthode chez Carish Editions bref, pas de quoi s’ennuyer.

Quelles sont tes plus grosses influences guitaristiques ?
Elles sont nombreuses. Il y a d’abord eu les rythmiciens avec Rudolf Schenker (Scorpions) et James Hetfield (Metallica) en tête de liste. Une bonne guitare rythmique est la locomotive d’un titre, au même titre que la basse / batterie. Les deux autres guitaristes qui m’ont le plus marqué sont Van Halen (le maitre !) et Ace Frehley de Kiss (étonnant, non ?). Sinon, je peux te citer dans le désordre : Joe Satriani et Jeff Beck (qui sont un peu les pionniers de l’instrumental), Vivian Campbell (dans Riverdogs ou Def Leppard ou encore avec Thin Lizzy, incroyable !) Luke Morley de Thunder (quel feeling !),  Slash, Joe Perry (Aerosmith), Blues Saraceno (mon favori niveau instrumental), Stevie Salas (redoutable dans le genre Hard-Funk), Richie Sambora (Bon Jovi), Vito Bratta (de White Lion, il avait des plans tapping incroyables), Steve Stevens (toujours très inspiré dans le dernier Billy Idol), Nuno Bettencourt (Extreme). Niveau acoustique, j’aime beaucoup Dominic Miller (qui joue en solo et avec Sting), James Taylor, il y en a d’autres…

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Comment en es-tu arrivé à Je Suis Guitariste ?
L’idée de ce projet est née d’une manière assez simple. Je donne des leçons à un ami, Christophe, qui est responsable du label Legacy / Catalogue chez Sony Music. Ayant une quarantaine d’années et ne connaissant pas le solfège, il a souhaité apprendre sans s’ennuyer avec les notions de solfège. Son but était d’arriver à se faire plaisir le plus rapidement possible. Je lui ai donc enseigné la pratique, en simplifiant au maximum le langage technique. J’ai commencé directement par lui faire jouer des extraits ou bien des titres très simples pour qu’il puisse les reproduire rapidement. Comme cela fonctionnait très bien, on s’est dit que l’on pourrait appliquer cette méthode sous forme d’un DVD pédagogique et surtout ludique. Ensuite, il a présenté le projet chez Sony Music et l’idée a bien plu.

Comment expliques-tu le succès de la série ?
Je pense que le fait de proposer une méthode sans solfège est pour beaucoup dans le succès de la série. Ensuite, il y a la qualité de production car le tout est filmé avec quatre caméras. Sans oublier le choix des titres, autant électriques qu’acoustiques (excepté dans le nouveau volume entièrement acoustique). Le fait également de mixer un répertoire récent à des chansons plus vintage qui puisent dans l’inconscient collectif.

Prenons le volet acoustique pour exemple : combien de temps de préparation ? Combien de jours de tournage ?
En ce qui me concerne, la préparation est la partie la plus longue car il faut que je déchiffre tous les titres et qu’ensuite je prépare les play-back basse / batterie. Après cela, on effectue en général deux à quatre jours de tournage. La mise en route est ce qu’il y a de plus long. Une fois que l’on est lancé, ça roule ! Mon travail s’arrête après le tournage, sans compter le temps passé sur le livret. Je passe ensuite la main au réalisateur Fred Di Noto et au mixeur Philippe « Doc Boost » David. C’est la même équipe depuis le début, Fred et Philippe avait déjà travaillé ensemble de nombreuses fois donc ça fonctionne très bien.

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Quel est ton matériel de prédilection ?
Pour les guitares acoustiques et électriques, c’est Ibanez. Concernant les amplis, je suis en contrat avec DV Mark, la marque italienne qui monte ! Ces amplis sont excellents, j’utilise la tête Triple 6 trois canaux et le baffle 4X12. Niveau effets, j’en utilise assez peu. En plus de la Cry Baby, qui reste pour moi la meilleure pédale wah wah, j’aime avoir une reverb ainsi qu’un petit delay « de confort ».

Qu’as-tu trouvé chez Ibanez qui t’a séduit ?
TOUT ! C’est souvent difficile de trouver un instrument qui colle parfaitement à nos envies…Avec Ibanez, j’ai trouvé des guitares qui sonnent aussi bien qu’elles sont faciles à jouer. Pour l’électrique, j’utilise aujourd’hui le modèle Roadcore : niveau configuration, c’est traditionnel mais rudement efficace. On trouve deux humbuckers, pas de vibrato, un accès aux notes aigues des plus faciles et un manche vissé en érable. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas joué sur ce type de manche, c’est l’autoroute ! Des guitares très compétitives au niveau du rapport qualité / prix. J’attends avec impatience la version Prestige qui est équipée de Seymour splittables pour passer de double à simple ! Dans le nouveau DVD, on me voit principalement avec deux nouvelles acoustiques, la AVN1 Artwood Vintage, très inspirée des modèles « Parlor » des années 30 qui bénéficie d’une belle projection sonore. Mention spéciale pour son manche à l’aspect satiné, très agréable. Un vrai coup de cœur ! L’autre est la AEW23, sur laquelle on retrouve les caractéristiques des Ibanez avec le pan coupé assez « droit » qui favorise un accès facile aux notes aigues. Cette dernière tire plus vers les hauts médiums que la Vintage. Niveau facilité de jeu, elle est au top et le profil du manche peut convenir à des mains de petites tailles. Avec Ibanez, ça a été une vraie rencontre, autant musicale qu’humaine avec une équipe (coucou à Alain, Yann, Max, Flo, Jeff, Françoise, sans oublier Pierre et tous les représentants) très proche des artistes, toujours à l’écoute. Collaboration qui n’est pas prête de s’arrêter, j’ai fêté mes 10 ans cette année !

Comment parviens-tu à naviguer entre ta vie artistique et ta vie de prof ?
Quand tu es musicien, tu auto-gère ton temps, ce n’est pas toujours très simple mais il faut s’aménager des plages pour mener à bien ce que tu dois faire. J’aime vraiment transmettre, cela me permet de ne pas stagner, d’en apprendre tous les jours ou presque, de découvrir de nouvelles choses. Sans compter que pour s’en sortir, tu dois aujourd’hui être multicarte, ne pas te cantonner à une seule activité. L’âge d’or du disque est loin derrière nous et nos productions ne nous suffisent plus à vivre décemment. En plus de mes activités en solo et en tant que prof, ce métier m’a permis de faire de belles rencontres, d’apprendre beaucoup au contact des différents artistes que j’ai croisé comme Les Freak Kitchen, Pata de X Japan, Marié Digby que j’ai accompagné lors de ses premières dates européennes, Yngwie Malmsteen, Mr Big, Marty Friedman, Beth Heart, sans oublier mes nombreux collègues guitaristes croisés ici ou là…

Penses-tu que cette diversification fait partie des contraintes incontournables pour les musiciens pros à l’heure actuelle ?
Oui, sauf si tu fais partie d’un groupe d’envergure internationale. Mais je ne parlerais pas de contraintes, au contraire, c’est plutôt enrichissant de ne pas toujours faire les même choses. On s’évite une certaine routine. Pour terminer, j’aimerai parler de la compilation « Les Guitares du Cœur ». C’est un beau projet pour soutenir les enfants malades du foie via l’association AMFE. Avec notamment Cyril Achard, Thomas Bressel, Jean Fontanille, Stéphan Forté, Christophe Godin & Ivan Rougny, Yvan Guillevic, Franck Hermanny, Franck Karmattitude, Victor Lafuente & Sebastien Bizeul, Manu Livertout, Norbert ‘Nono’ Krief, Olivier Roman Garcia & Thomas Bissot, Charly Sahona, Kenny Serane, Pascal Vigné. Je vous invite à aller visiter le site : www.lesguitaresducoeur.com . Merci à tous et à bientôt !

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